
Des grands taxis, moteurs silencieux, une banderole appelant au maintien de la grève, des professionnels du métier en meeting en pleine rue et, en retrait, mais bien apparents, trois véhicules de police, tout attirail anti-émeute sorti, sont à l’affût des débordements de ce matin-là à cette même place.
Le même scénario est repris dans les différents points de pointage des petits taxis. Le bras de fer engagé, depuis le début de la semaine qui s’écoule avec le ministère de Karim Ghallab et son projet relatif au nouveau Code de la route se transforme en conflit interne entre partisans et adversaires du maintien de la grève.
Agadir divisée par le nouveau code de la route entre maintien de la grève ou reprise de travail, et ce sont les citoyens qui font les frais de ce conflit.
Après 48 heures de la grève appelée par les différents syndicats, associations des petits taxis d’Agadir, 90% des petits taxis ont repris du service le 9 avril.
La décision de reprise, ne faisant pas l’unanimité et en l’absence d’une meilleure coordination locale et nationale, comme le laissent entendre bon nombre d’intervenants, des conflits ont éclaté notamment à la place Salam des petits et grands taxis.
Selon un communiqué diffusé par la commission de coordination du transport routier du Sud et en écho aux instances et organismes syndicaux représentant le secteur au Maroc, la grève a été reconduite de 24 heures le 9 avril courant, dénonçant l’absence des médias pour donner, à leur tour, leur version des faits, tout en demandant une intervention Royale.
Au milieu de ce cafouillage et de cette anarchie, exploités par certains, nous confie-t-on à des fins électorales et politiques, l’on assiste à des actes d’intimidation, affrontements entre partisans et adversaires de la grève des grands et petits taxis (coups, crachats, insultes, jet de pierre, menace au gourdin…) sur la grande place et au site de pointage des petits taxis. De source policière, des taxis sont en service sans passer par l’étape quotidienne de pointage de peur des représailles.
Des heurts ont été signalés aussi entre camionneurs à Anza mercredi 8 avril et ont nécessité l’intervention des forces de l’ordre.
Certains chauffeurs de taxi affirment avoir été victimes de persécutions pour avoir repris du service. La présence des forces de l’ordre aux points névralgiques atteste de la fragilité d’une situation qui peut dégénérer à tout moment.
La grève a touché au 4ème jour les gares routières d’Inzegane et d’Agadir. A l’exception de deux compagnies (CTM et Supra Tours), les autres transporteurs ont suspendu leurs activités en signe de protestation contre le projet du nouveau Code de la route.
Les camionneurs ont eux aussi rejoint le mouvement des grévistes entraînant une incidence sur l’approvisionnement des marchés en produits maraîchers et donc sur les prix des légumes et fruits.