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Le Parti de la renaissance et de la vertu a défrayé la chronique ces jours-ci en faisant parler de lui en long et en large dans les médias nationaux, pour avoir ouvert ses portes aux membres de la Salafia Al jihadia qui ont fait leur mea culpa par des révisions très médiatisées de leurs idées jihadistes.
On parle de l’adhésion effective et en masse des membres de la Salafia Al jihadia, et non des moindres, tels que Abou Hafs et autres Kattani, de grands tribuns qui ont brillé par leurs prêches sulfureux avant leur incarcération à la suite des attentats du 16 mai 2002. Pourquoi ce parti et pourquoi ce moment en particulier ?
Pour mieux cerner la question, il faudrait revenir un peu en arrière et suivre le parcours d’un homme qui a été le témoin passif d’une expérience identique qui avait vu le mariage… de raison, après bien des tractations, entre le patriarche feu Abdelkrim El Khattib et les orphelins de l’époque de l’autre Abdelkrim (Moutie) mais non moins aguerris qu’étaient les membres résiduels de la Chabiba Al Islamiya de la trempe de Abdelilah Benkirane, Ramid et autres feu Baha et El Othmani qui étaient à peine tolérés par le régime à l’époque. Ils furent approchés par feu Abdelkrim Al Khatib, qui était l’homme de la situation pour ainsi dire puisque son parti, le MPDC, ou ce qu’il en restait était en hibernation, autrement dit dans une inertie totale. Quand et comment les pourparlers avaient été entamés? Seul Allah, les protagonistes de ce rapprochement (j’ai nommé les membres de la mouvance islamiste qui s’activaient à l’époque au sein du mouvement Attawhid Wal Islah et qui étaient en mal de parti et d’officialité) et ses commanditaires le savent.
L’adhésion s’était faite dans un climat de tension et de frilosité politiques. Elle s’était faite par chaque membre à part. Le but affiché : permettre à ces jeunes arrivants de faire entendre leurs voix dans l’arène politique nationale. Le but non affiché, c’était pour qu’ils constituent un contrepoids à l’hégémonie de la Koutla, après que les partis makhzéniens avaient failli à cette tâche.
Avec leur dynamisme acquis dans la clandestinité et dans le travail de proximité par le truchement du mouvement d’Attawhid Wal Islah, ces nouveaux venus ont vite fait de briller et de prendre les rênes des différentes officines de leur nouveau parti auquel ils avaient donné un autre nom plus évocateur à savoir Le Parti de la justice et du développement, un clin d’œil au parti turc au même patronyme ; au grand dam des caciques du MPDC qui, du jour au lendemain, s’étaient retrouvés à la marge, pour ne pas dire évincés des postes de décision. Des inconnus au bataillon pour ainsi dire. La réaction ne s’était pas fait attendre.
A leur tête Mohamed Khalidi, qui avait, dans un pronunciamiento virulent, vite fait de dénoncer cette mainmise de ces jeunes « parvenus » et d’annoncer sa démission et celles d’autres membres et par la même occasion la création de leur propre parti : le Parti de la renaissance et de la vertu.
De déboires politiques à d’autres et après des années de galère et de vaches maigres, voici que ce particule un peu particulier refait surface et fait parler de lui. L’histoire qui se répète apparemment. Mais avec d’autres noms, d’autres paramètres et sous une nouvelle ère et un climat plus serein et plus soft.
Soit Khalidi, pour revenir à lui, a la mémoire courte, ce qui n’est guère le cas, soit il sait ce qu’il fait, et c’est le plus probable, connaissant l’homme et ses visées politiques. Le psychologue expliquerait cette fuite en avant vers le prévisible inconnu (pour ce nous avons l’expérience du parti de feu Abdelkrim El Khatib avec les membres de la Chabiba Al Islamiya), par l’acte manqué. Il est en train de suivre le même itinéraire que son frère et ennemi politique de l’époque feu Abdelkrim El Khatib, pour lequel, à propos, il ne tarit pas d’éloges pour qui veut l’entendre et/ou le lire. Des éloges à titre posthume bien sûr comme dit le hadith du Prophète : «Si vous parlez de vos défunts, parlez-en en de bons termes ». Ce n’était pas le cas avant et juste après le schisme. Une manière de donner plus de sérieux à son action.
Mais pourquoi refaire tout ce trajet sachant que Mohamed Khalidi est à l’automne de sa vie politique pour ne parler que de cette vie-là, ceci d’une part. D’autre part, les nouveaux arrivants ne sont pas des enfants de chœur, ils vont de facto vouloir mettre la main sur ce parti et en prendre les commandes à la prochaine assemblée générale.
A mon sens, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une vengeance à titre posthume de son mentor feu Abdelkrim El Khatib. La réalisation d’un acte manqué, si ce n’est en tuant le père-car il est déjà mort et de mort naturelle- du moins en l’imitant, prendre le titre de président honorifique avant de tirer sa révérence, ce qu’il ne tardera pas à faire. Et rester pour la postérité comme celui qui a su ramener dans le giron de la nation une tranche de la société qui appelait il n’y a pas si longtemps à l’instauration de la «khilafa Islamiya».
Mû par l’ambition ou manipulé, Mohamed Khalidi restera pour la postérité comme celui qui a permis à un groupe de nihilistes d’entrer dans l’arène politique nationale par la grande porte, ce qui lui donnerait accès aux chaines nationales pour propager ses idées moyenâgeuses. Peut-on alors arrêter un tsunami ? Pour mémoire, les fascistes et les nazis sont arrivés au pouvoir par les urnes eux aussi.
A méditer.
* Enseignant à Ouezzane
On parle de l’adhésion effective et en masse des membres de la Salafia Al jihadia, et non des moindres, tels que Abou Hafs et autres Kattani, de grands tribuns qui ont brillé par leurs prêches sulfureux avant leur incarcération à la suite des attentats du 16 mai 2002. Pourquoi ce parti et pourquoi ce moment en particulier ?
Pour mieux cerner la question, il faudrait revenir un peu en arrière et suivre le parcours d’un homme qui a été le témoin passif d’une expérience identique qui avait vu le mariage… de raison, après bien des tractations, entre le patriarche feu Abdelkrim El Khattib et les orphelins de l’époque de l’autre Abdelkrim (Moutie) mais non moins aguerris qu’étaient les membres résiduels de la Chabiba Al Islamiya de la trempe de Abdelilah Benkirane, Ramid et autres feu Baha et El Othmani qui étaient à peine tolérés par le régime à l’époque. Ils furent approchés par feu Abdelkrim Al Khatib, qui était l’homme de la situation pour ainsi dire puisque son parti, le MPDC, ou ce qu’il en restait était en hibernation, autrement dit dans une inertie totale. Quand et comment les pourparlers avaient été entamés? Seul Allah, les protagonistes de ce rapprochement (j’ai nommé les membres de la mouvance islamiste qui s’activaient à l’époque au sein du mouvement Attawhid Wal Islah et qui étaient en mal de parti et d’officialité) et ses commanditaires le savent.
L’adhésion s’était faite dans un climat de tension et de frilosité politiques. Elle s’était faite par chaque membre à part. Le but affiché : permettre à ces jeunes arrivants de faire entendre leurs voix dans l’arène politique nationale. Le but non affiché, c’était pour qu’ils constituent un contrepoids à l’hégémonie de la Koutla, après que les partis makhzéniens avaient failli à cette tâche.
Avec leur dynamisme acquis dans la clandestinité et dans le travail de proximité par le truchement du mouvement d’Attawhid Wal Islah, ces nouveaux venus ont vite fait de briller et de prendre les rênes des différentes officines de leur nouveau parti auquel ils avaient donné un autre nom plus évocateur à savoir Le Parti de la justice et du développement, un clin d’œil au parti turc au même patronyme ; au grand dam des caciques du MPDC qui, du jour au lendemain, s’étaient retrouvés à la marge, pour ne pas dire évincés des postes de décision. Des inconnus au bataillon pour ainsi dire. La réaction ne s’était pas fait attendre.
A leur tête Mohamed Khalidi, qui avait, dans un pronunciamiento virulent, vite fait de dénoncer cette mainmise de ces jeunes « parvenus » et d’annoncer sa démission et celles d’autres membres et par la même occasion la création de leur propre parti : le Parti de la renaissance et de la vertu.
De déboires politiques à d’autres et après des années de galère et de vaches maigres, voici que ce particule un peu particulier refait surface et fait parler de lui. L’histoire qui se répète apparemment. Mais avec d’autres noms, d’autres paramètres et sous une nouvelle ère et un climat plus serein et plus soft.
Soit Khalidi, pour revenir à lui, a la mémoire courte, ce qui n’est guère le cas, soit il sait ce qu’il fait, et c’est le plus probable, connaissant l’homme et ses visées politiques. Le psychologue expliquerait cette fuite en avant vers le prévisible inconnu (pour ce nous avons l’expérience du parti de feu Abdelkrim El Khatib avec les membres de la Chabiba Al Islamiya), par l’acte manqué. Il est en train de suivre le même itinéraire que son frère et ennemi politique de l’époque feu Abdelkrim El Khatib, pour lequel, à propos, il ne tarit pas d’éloges pour qui veut l’entendre et/ou le lire. Des éloges à titre posthume bien sûr comme dit le hadith du Prophète : «Si vous parlez de vos défunts, parlez-en en de bons termes ». Ce n’était pas le cas avant et juste après le schisme. Une manière de donner plus de sérieux à son action.
Mais pourquoi refaire tout ce trajet sachant que Mohamed Khalidi est à l’automne de sa vie politique pour ne parler que de cette vie-là, ceci d’une part. D’autre part, les nouveaux arrivants ne sont pas des enfants de chœur, ils vont de facto vouloir mettre la main sur ce parti et en prendre les commandes à la prochaine assemblée générale.
A mon sens, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une vengeance à titre posthume de son mentor feu Abdelkrim El Khatib. La réalisation d’un acte manqué, si ce n’est en tuant le père-car il est déjà mort et de mort naturelle- du moins en l’imitant, prendre le titre de président honorifique avant de tirer sa révérence, ce qu’il ne tardera pas à faire. Et rester pour la postérité comme celui qui a su ramener dans le giron de la nation une tranche de la société qui appelait il n’y a pas si longtemps à l’instauration de la «khilafa Islamiya».
Mû par l’ambition ou manipulé, Mohamed Khalidi restera pour la postérité comme celui qui a permis à un groupe de nihilistes d’entrer dans l’arène politique nationale par la grande porte, ce qui lui donnerait accès aux chaines nationales pour propager ses idées moyenâgeuses. Peut-on alors arrêter un tsunami ? Pour mémoire, les fascistes et les nazis sont arrivés au pouvoir par les urnes eux aussi.
A méditer.
* Enseignant à Ouezzane