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Tiznit, cette ville au diadème impérial qui fut construite en 1882 par le Sultan Moulay Hassan 1er, lequel avait ordonné qu’elle fût bâtie sur le modèle des autres villes marocaines, constitue bel et bien un havre de repos et une destination touristique incontournable. Et on n’hésite pas à la considérer comme une ville côtière, bien qu’elle se situe à une quinzaine de kilomètres de l’Atlantique.
Cependant, certaines dérives risquent de compromettre le charme de cette cité. Elle en veut beaucoup aux siens de lui avoir collé ce qu’elle ne l’est point, surtout à ceux qui détiennent les rênes de sa destinée. Et pour cause.
D’abord, certains comportements extravagants enfreignent à la logique des conventions, poussant ainsi l’aberration à son paroxysme. L’état du pourtour de cette majestueuse muraille en est en effet l’exemple criant. Au lieu de dégager tout l’espace surélevé par rapport à la chaussée et aménagé pour mieux admirer la beauté des murailles de Tiznit et circuler en toute sécurité, les taxis drivers convertissent sans vergogne ces larges trottoirs en parking en bonne et due forme (!) pour leurs véhicules, perturbant la vue et la circulation piétonne. Les bancs destinés au repos pour le public ne sont plus disponibles en raison du va-et-vient des passagers.
Par ailleurs, comme ces fortifications disposent de grandes portes qui devaient s’ouvrir et se fermer, des pans en embrassent le sol et périssent au vu et au su de tout le monde condamnant ainsi tout un pan de l’histoire de cette ville. Ne faudrait-il pas sauver son patrimoine qui fait partie intégrante de son identité? Ne constitue-t-il pas un capital au sens propre comme au sens figuré et qui doit rapporter gros?
Et ce canal récemment construit pour éviter à la ville toute crue éventuelle et prémunir les habitants contre de probables dégâts, ne serait-il pas nécessairement indispensable de faire en sorte à ce qu’il ne se transforme pas en décharge à ciel ouvert ou en latrines publiques? Ne serait-il pas judicieux de faire preuve d’imagination et de le convertir en un lieu d’attraction ? En enjoliver par exemple les parois de dessins de motifs inspirés, et ce ne sont pas les artistes de bonne volonté qui manquent.
Tiznit sera sûrement si fière de recouvrer son apparat et sa magnificence, son prestige et son pouvoir d’attraction. Les forces vives de cette ville sympathique perçoivent mieux que quiconque l’évanescence et le déclin de son état.
Abdelkrim MOUHOUB