
« Le dialogue national sur les médias et la société ne se déroule pas uniquement dans l’enceinte du Parlement, mais aussi à travers le débat qu’il suscite sur les colonnes de la presse. Toujours est-il qu’à cette étape du dialogue, les uns et les autres, c’est-à-dire politiques et journalistes apprennent à se connaître. Certains stéréotypes et idées reçues sont en train de tomber », explique le coordinateur général de ce dialogue national avant d’annoncer que des courriers viennent tout juste d’être envoyés aux leaders de la scène politique pour les inviter à adresser leur évaluation et leurs propositions en matière de médias. Le citoyen lambda n’est pas en reste. Un site web dédié à cette initiative parlementaire sera mis en ligne dans les tout prochains jours pour donner la parole aux internautes.
«On ne peut aborder la presse écrite sans l’audiovisuel»
Si les préjugés tombent, le diagnostic se précise. A travers ces toutes premières auditions, les grandes problématiques ont été défrichées, sans tabou. Les relations de l’Etat avec la presse, celles de la justice avec le microcosme médiatique, la formation des journalistes mais aussi des hommes de loi sont autant de points qui ont été soulevés.
Pour le président de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux, une chose est sûre : Le Code de la presse est le cadre essentiel pour l’organisation de la profession. « Il s’agit d’un document essentiel qui pourra apporter des réponses aux problèmes de déontologie ou encore de responsabilité de l’entreprise de presse. En définissant le statut du journaliste professionnel, le Code de la presse règlera bien des problèmes. Pendant des années, nous avons focalisé sur la question de la liberté de presse, ignorant l’entreprise de presse. Il faut le savoir, une entreprise de presse faible ne peut que produire une matière journalistique à son image, c’est-à-dire faible », soutient Khalil Hachimi Idrissi.
Les hommes et les femmes de l’Instance en charge du dialogue national « Médias et société » ont de l’ouvrage sur le métier pour « normaliser la place et le rôle des médias au sein de la société ». Des problèmes propres au monde des médias, à la fois simples et compliqués que résume la député RNI, Boutayna Iraki. « Nous sommes face au problème de la déontologie et de la pratique journalistique et à celui de la structuration et viabilité de l’entreprise de presse. » Et à ceux et celles de l’Instance qui se voient reprocher, ici et là, de s’attaquer à deux dossiers majeurs– la presse écrite et le pôle audiovisuel – la réponse tombe, tranchante comme un couperet : au Maroc, on ne peut aborder la presse écrite sans évoquer l’audiovisuel. « Les répercussions d’un secteur sur l’autre sont évidentes», soutient Jamal Eddine Naji, celui-là même qui a toujours soutenu la création d’une haute autorité de la communication qui regrouperait presse écrite et presse audiovisuelle.
Le dialogue national «Médias et société » ne compte pas se cantonner à la seule enceinte du Parlement. Des journées d’études vont être organisées pour débattre par exemple du Code de la presse. Le président de la 17ème Chambre, dédiée aux délits de presse en France, le patron de l’entreprise de presse Sud-Ouest, le plus grand journal régional français ou encore la spécialiste onusienne de la gouvernance électronique figurent parmi les personnes ressource qui ont été invitées par l’instance « pour profiter des expériences étrangères ».