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Stratégies de modernisation et d'efficacité énergétique
Tel est le cas des investissements massifs dans le transport ferroviaire, avec pour objectif de connecter 87% de la population d'ici 2040, tout en électrifiant 64% du réseau et en utilisant 90% d'énergie verte pour les trains. Tel est le cas également des bus et tramways, avec l'acquisition de 3.500 nouveaux bus et l'extension des réseaux de tramway et de BRT visant à réduire la congestion et à promouvoir des alternatives durables.
Tel est le cas aussi du programme de transition énergétique (2015-2030) ambitionnant de réduire de 35% la consommation d'énergie dans les transports, notamment via l'introduction de bus électriques et de technologies propres.
Des investissements qui arrivent en retard, selon plusieurs analyses, qui soutiennent que le Maroc fait face à des défis majeurs en matière de mobilité urbaine, notamment la congestion routière, la pollution atmosphérique et un réseau de transport public souvent insuffisant pour répondre à la demande croissante. Sans parler de la forte pression démographique et de l’urbanisation rapide, ainsi que de la flotte des véhicules privés, souvent anciens et polluants, qui dominent le paysage urbain, contribuant à la dégradation de la qualité de l'air et à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
Enjeux environnementaux
Concernant ce dernier volet, il faut rappeler que le Maroc est confronté à des défis environnementaux majeurs, notamment la pollution de l'air, les émissions de CO₂ et la vulnérabilité au changement climatique. Les initiatives prises contribuent à atténuer ces problèmes en réduisant la dépendance aux énergies fossiles et en promouvant des modes de transport plus propres.
En effet, le secteur du transport routier est l’un des plus gourmands en énergies fossiles, représentant une part significative de la consommation énergétique nationale. En 2017, il absorbait plus de 38% de la consommation totale de pétrole du pays, tout en étant un gros émetteur de gaz à effet de serre (GES), contribuant à hauteur de 23% aux émissions nationales. Cette situation est exacerbée par un parc automobile vieillissant : environ 20% des véhicules en circulation ont plus de 12 ans, ce qui se traduit par un rendement énergétique bien inférieur à celui observé dans les pays de l’OCDE. Ces véhicules, souvent moins performants et plus polluants, constituent un frein majeur à l’amélioration de l’efficacité énergétique et à la réduction des émissions.
Le secteur du transport routier connaît une croissance continue, comme en témoigne l’augmentation du nombre de véhicules immatriculés. Fin 2021, le parc automobile marocain comptait environ 6,2 millions de véhicules, avec un taux de croissance annuel de 5% pour les véhicules légers et les poids lourds, et de près de 20% pour les véhicules à deux et trois roues. Cette explosion du nombre de véhicules, notamment dans les zones urbaines, entraîne une augmentation de la demande en énergie, une congestion accrue et une hausse des émissions polluantes.
Défis à relever
Cependant, plusieurs défis persistent. D’abord, l’impact réel sur les émissions. En effet, et bien que les projets de transport public durable soient prometteurs, leur impact sur la réduction des émissions de CO₂ dépendra de leur adoption par la population et de leur intégration dans un système de transport multimodal. Par exemple, si les usagers continuent à privilégier les véhicules privés, les bénéfices environnementaux seront limités.
Ensuite, la question de la gestion des déchets et des ressources. La production locale de bus et de matériel ferroviaire constitue une opportunité pour l'économie marocaine, mais elle doit s'accompagner de mesures pour minimiser l'impact environnemental de la fabrication et du recyclage des véhicules. Enfin, l’adaptation au changement climatique. Les infrastructures de transport doivent être conçues pour résister aux impacts du changement climatique, tels que les inondations et les vagues de chaleur, qui pourraient affecter leur durabilité et leur efficacité.
Plusieurs experts en matière de transport ajoutent qu’un déploiement à grande échelle nécessitera des investissements supplémentaires et une gestion efficace des infrastructures de recharge. Ils estiment que leur succès dépendra de la planification urbaine, de l'intégration des modes de transport et de la sensibilisation des usagers. Toutefois, garantir la fiabilité et l'accessibilité, notamment dans les zones rurales, reste un défi. La coordination entre les différents acteurs (gouvernement, secteur privé, collectivités locales), et la sensibilisation des citoyens à l'importance de la mobilité durable, ainsi que les inégalités d'accès au transport public entre les zones urbaines et rurales doivent être abordées pour garantir une transition équitable.
Hassan Bentaleb