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Poussé par l’Administration Bush, le projet de bouclier antimissile était censé protéger les Etats-Unis et leurs alliés européens des missiles à longue portée pouvant un jour être tirés par des «Etats voyous», surtout par l’Iran. Mais ce projet avait aussi de lourds inconvénients. Un coût financier assez élevé, une fiabilité pas toujours prouvée et surtout l’hostilité affichée de Moscou, qui le considérait comme une atteinte à sa sécurité. Aux prises avec une grave crise financière, désireux de changer en profondeur les méthodes de gestion des crises internationales de son prédécesseur, Barack Obama avait demandé à ses experts une «remise à plat» du projet de bouclier antimissile en Europe centrale. Pour justifier leur décision, les responsables américains ont affirmé jeudi que le programme iranien de missiles balistiques n’était pas aussi avancé qu’on aurait pu le craindre. La menace de fusées iraniennes à longue portée (plus de 5 000 km) n’est «pas aussi immédiate qu’imaginée auparavant», a affirmé Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense.
En arrivant à la Maison-Blanche, Obama avait prévenu qu’il avait l’intention de privilégier les menaces avérées plutôt que celles qui pourraient exister dans le futur. Mais cette relativisation du danger iranien laisse certains experts sceptiques.
Washington espère que l’abandon du bouclier en Europe centrale, qui était considéré par le Kremlin, avec l’extension de l’OTAN à l’Est, comme une «ligne rouge», permettra de réchauffer les relations américano-russes. Et de rapprocher les positions de Moscou et de Washington sur l’épineux dossier du nucléaire iranien.
Le Président américain a cependant tenu à rassurer ses alliés européens en leur promettant que leur protection serait en fait «renforcée». Considérant que les missiles iraniens à courte et moyenne portée constituent aujourd’hui la principale menace, l’Administration Obama envisage d’«adapter» sa défense antimissile européenne et de proposer des programmes alternatifs à ses alliés. Washington compte ainsi positionner des missiles SM-3, conçus pour détruire des fusées à courte et moyenne portée, en Pologne et en République tchèque dès 2015. Des navires équipés de missiles intercepteurs seront également déployés en Méditerranée. «Le meilleur moyen d’améliorer notre sécurité et la sécurité de nos alliés de manière responsable, c’est de déployer un système de défense antimissile qui réponde mieux aux menaces auxquelles nous faisons face et qui utilise des technologies éprouvées que nous paierons au juste prix», a expliqué Obama. Car les pays d’Europe centrale, qui se sentent toujours menacés par Moscou, redoutent que la «refondation» des relations russo-américaines se fasse aux dépens de leur sécurité. Certains spécialistes jugent quant à eux que le pari de Washington est risqué et que les chances de voir Moscou convaincre l’Iran de renoncer à son programme nucléaire sont proches de zéro. Vu l’état encore embryonnaire de l’Europe de la Défense, ils se demandent qui se portera au secours du continent si, dans quelques années, un missile à longue portée doté d’une ogive nucléaire décolle de Téhéran… D’autres accueillent la nouvelle avec enthousiasme, estimant qu’elle ne pourra que servir l’Europe.