L’épreuve de l’adoption du document politique -6 chapitres et 200 thèses ou paragraphes- a été franchie avec succès. Le document a été adopté à la quasi –unanimité et 5 abstentions. « Ce comité central était d’une importance cruciale. Car il devait matérialiser le degré de consensus sur les documents de travail atteint, ou pas, par notre parti ». Sur fond de consensus donc, les thèses politiques du parti du progrès et socialisme se fondent d’abord sur une analyse objective de l’alternance qui tire les enseignements des dysfonctionnements et des lacunes de cette période. Une alternative politique est proposée par ceux et celles du PPS. Une sorte de nouveau contrat politique qui ne portera plus cette appellation. Ainsi en a décidé dimanche les militants du comité central pour éviter toute interprétation douteuse des esprits chagrins. Si le document politique élaboré par la commission politique que préside le membre dirigeant Nabil Benabdallah enregistre avec force les avancées et acquis réalisés par le Maroc, il tire également la sonnette d’alarme au regard des soubresauts que vit le pays depuis les deux dernières années. « Nous le disons avec vigueur : il y a lieu d’engager une nouvelle génération de réformes pour que le Maroc inaugure enfin la normalité démocratique », affirme un membre de la commission politique qui a également confirmé et approfondi l’identité socialiste du parti fondé par Ali Yata. Le document relatif aux statuts rénovés du PPS a été également adopté, à l’unanimité, par le comité. Et c’est surtout la création du conseil de la présidence, sur le modèle istiqlalien et son instance des Sages, qui retient toute l’attention des férus de la chose politique. Un conseil où siègera très probablement Ismaïl Alaoui le secrétaire général sortant qui a souhaité ne pas rempiler pour un troisième mandat.
Au PPS, il ne s’agit surtout pas de faire de la succession de M. Alaoui une question de divergences. «Au Bureau politique, nous essayons de faire en sorte de créer les conditions d’un large consensus. Pas question pour nous d’aller à un congrès prêt à exploser. Et la première étape d’un tel consensus a commencé avec l’adoption du document politique », soutient un cacique de cette formation politique.
Un candidat au leadership s’est déjà très officiellement déclaré. Saïd Saadi, l’ancien secrétaire d’état à la Famille sous le gouvernement d’alternance est déjà en train de faire campagne. Et selon certaines informations, l’écrasante majorité du Bureau politique du PPS et une grande partie de la base donneraient son soutien à l’ancien ministre de la Communication Nabil Benabdallah. Candidat non déclaré, il a pour l’heure choisi la posture fédératrice, en oeuvrant pour des consensus pré-congrès. «Visiblement, Benabdallah a toutes les chances d’être le candidat de l’adoubement», confie un ténor du parti des ex-communistes.
Mais attention, le scénario de la succession est loin d’être figé ou écrit à l’avance. Aucune surprise de dernière minute n’est à exclure, Ismaïl pouvant toujours se remettre en selle « pour éviter une crise interne d’un PPS au bord de l’implosion».