La semaine dernière, l'armée soudanaise, en guerre depuis deux ans contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), a affirmé avoir repris le contrôle de la capitale Khartoum, qui était aux mains des FSR.
"Je suis totalement horrifié par les informations crédibles faisant état de nombreux cas d'exécutions sommaires de civils dans plusieurs quartiers de Khartoum" qui étaient soupçonnés d'avoir collaboré avec les FSR, a indiqué M. Türk dans un communiqué.
"J'exhorte les commandants des Forces armées soudanaises à prendre des mesures immédiates pour mettre fin aux privations arbitraires de vie", a-t-il ajouté, appelant le Soudan "à lancer rapidement des enquêtes indépendantes, transparentes et efficaces".
Le Haut-Commissariat ne fait en revanche pas mention des récentes accusations portées par un comité de résistance soudanais prodémocratie et le collectif d'avocats Emergency Lawyers, qui ont affirmé mercredi qu'au moins 85 personnes ont été tuées en une semaine dans des attaques au sud de Khartoum, imputées aux paramilitaires.
Dans son communiqué, le Haut-Commissariat explique avoir passé en revue de "multiples vidéos horribles" postées sur les réseaux sociaux depuis le 26 mars, "toutes apparemment filmées dans le sud et l'est de Khartoum".
Elles montrent des hommes armés, certains en uniforme, qui exécutent des civils, souvent dans des lieux publics, indique l'ONU, qui précise que dans certains vidéos les auteurs déclarent qu'ils punissent des partisans des FSR.
"Les exécutions extrajudiciaires constituent de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains", a rappelé M. Türk.
"Les auteurs, ainsi que ceux qui ont une responsabilité de commandement, doivent être tenus responsables de ces actes inacceptables en vertu du droit pénal international", a-t-il affirmé.
Le communiqué de l'ONU indique que les rapports attribuent ces exécutions aux FAS et aux forces de sécurité de l'État, ainsi qu'aux milices et aux combattants affiliés à l'armée.
"Dans la région de Janoub Al Hezam, au sud de Khartoum, par exemple, au moins 20 civils, dont une femme, auraient été tués par les FAS et par des combattants et milices qui leur sont affiliés", indique le Haut-Commissariat.
Le Haut-Commissariat a également constaté une augmentation des discours de haine et d'incitation à la violence sur internet, avec la publication en ligne de listes de personnes accusées de collaborer avec les FSR. "Les groupes ethniques des régions du Darfour et du Kordofan semblent être ciblés de manière disproportionnée", selon l'ONU.
La guerre au Soudan, qui a éclaté le 15 avril 2023, a fait selon l'ONU des dizaines de milliers de morts, déraciné plus de 12 millions d'habitants et provoqué une crise humanitaire majeure.