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"Crise de la faim" au Soudan : Le chef d'une ONG fustige la communauté internationale
Le visage de Maxmore Mhazo s'éclaire quand il parle des distributions de vivres dans son village, Chirumanzu, dans le centre du Zimbabwe, qui ont sauvé bien des vies.
Mais le vieil homme, un ancien mineur de 74 ans, s'inquiète des rations de plus en plus réduites.
“Beaucoup d'entre nous seraient morts sans cette aide”, dit-il en attendant avec d'autres villageois les colis distribués par l'association britannique Oxfam et le Programme alimentaire mondial (Pam), qui dépend de l'Onu.
Chacun reçoit 10 kg de maïs, un demi-litre d'huile alimentaire et un morceau de savon pour la lessive. Un apport appréciable, mais en quantité bien moindre que dans les mois passés.
Les donateurs semblent débordés par les multiples problèmes qui s'abattent sur le pays, le choléra étant venu l'automne dernier s'ajouter à une crise politique qui n'en finit pas et à une situation économique catastrophique.
“Sans cette aide, nous sommes condamnés”, dit Mhazo.
La crise alimentaire due à l'effondrement du secteur agricole et à la récession économique est aggravée par les incertitudes politiques, le président Robert Mugabe et l'opposition ne parvenant pas à se mettre d'accord sur la formation d'un gouvernement de coalition.
Cinq millions de Zimbabwéens, soit environ 40% de la population, ne survivent que grâce à l'aide alimentaire internationale, un chiffre qui devrait encore croître.
Les organisations humanitaires doivent en outre consacrer une partie de leur aide à la lutte contre l'épidémie de choléra, qui a tué plus de 2.100 personnes, et leur appels aux donateurs restent trop souvent sans écho.
Le troc pour survivre Il y a eu assez de pluies ces derniers mois mais de nombreux paysans n'avaient pas suffisamment de graines ou d'engrais pour s'assurer une récolte suffisante de maïs, l'aliment de base de la population.
“Tout indique que la prochaine récolte sera pire que la précédente, il faut donc agir vite”, déclare à Reuters Peter Matoredzanwa, directeur d'Oxfam au Zimbabwe.
Les problèmes de financement de son organisation, ajoute-t-il, font que 20% de la population ayant besoin de l'aide alimentaire risquent de ne rien recevoir ce mois-ci.
Le Pam a également lancé un cri d'alarme cette semaine en révélant qu'il lui manquait 65 millions de dollars, sur les 140 millions nécessaires pour acheter des vivres destinés au Zimbabwe. La lutte contre le choléra absorbe en effet une partie de l'aide internationale.
“Quand l'épidémie a débuté, le bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires, l'OCHA, prédisait environ 60.000 cas d'ici avril, nous en avons déjà plus de 40.000 et nous nous attendons à ce que les 60.000 soient dépassés”, dit Matoredzanwa.
A Chirumanzu, le désespoir s'installe.
Environ 9.000 personnes n'ont pu recevoir l'aide qu'elles étaient en droit d'espérer. Beaucoup d'entre elles ont recours au troc, échangeant du bétail contre des céréales.
Dans la région de Chirumanzu et dans deux districts de la province des Midlands, 250.000 personnes bénéficient des distributions d'Oxfam.
“Je n'ai pas le choix, je dois échanger mes chèvres contre du maïs si je ne veux pas que ma famille meure de faim”, déclare Jacob Moyo, qui a cinq enfants et s'occupe aussi de sa vieille mère. “Cela me fait vraiment mal, mais que faire d'autre ?”.
CHIRUMANZU, Zimbabwe