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D’aucuns diront que c’est une tentative de plus qui butera contre la sempiternelle opposition des autorités de Riyad. Mais cette fois-ci, elles sont bien résolues à aller jusqu’au bout. En tous les cas, c’est ce qu’assure Manal Al Sharif, la grande militante saoudienne dans une déclaration à l’AFP. D’après elle, la campagne ne s’arrêtera plus: “Il y aura un 26 novembre, un 26 décembre, un 26 janvier, jusqu’à ce que les autorités délivrent le premier permis à une femme saoudienne”. En attendant, seules les femmes ayant un permis de conduire obtenu à l’étranger ont été appelées à prendre le volant, pour réduire les risques d’accident. Mais les femmes, qui réclament depuis trois décennies le droit de conduire dans le royaume ultraconservateur, ont tiré la leçon de l’expérience de leurs aînées qui avaient été arrêtées et dont certaines avaient perdu leur emploi après avoir défilé ensemble au volant de leurs voitures à Riyad. Manal Al Sharif en a fait les frais, elle qui fut emprisonnée pendant neuf jours en mai 2011 pour avoir posté une vidéo d’elle-même en train de conduire.
Mais pourquoi ce branle-bras de combat pour un geste normal qui fait partie du quotidien de tous à travers le monde ? Aucun texte religieux n’interdit pourtant aux femmes de conduire. Une réalité que ne renient pas certains milieux saoudiens. C’est juste une question de tradition en fait. D’aucuns avanceront comme argument le fait que les femmes, en se mettant au volant de leurs voitures, risquent de se faire harceler par les hommes. Mais le scandale ne risquerait-il pas d’arriver du chauffeur lui-même ? En termes de coût, chauffeur grève ostensiblement le budget de bon nombre de familles aux revenus moyens.
En fait, les droits des femmes ont toujours suscité une grande polémique dans le royaume. Toute tentative de réforme demeure très timide. Pour preuve, la nomination par le roi Abdallah, un prudent réformateur, de trente femmes au Conseil consultatif a provoqué des protestations d’oulémas radicaux.
De la persévérance et un combat de longue haleine, c’est ce dont ont besoin le plus les Saoudiennes. Pour Manal Al Charif, la campagne des femmes doit se poursuivre pour obtenir “un droit encore plus important que celui de conduire, qui est celui d’être considérées comme majeures”. Croisons les doigts pour elles.
Nezha Mounir