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Pour ce parlementaire de gauche, il s’agit là d’une mesure «censée être dissuasive». «Une telle mesure qui consiste à publier très officiellement les noms des parlementaires absentéistes et donc à évaluer leur degré de participation sous la coupole peut probablement avoir un effet moral sur l’élu en délicatesse avec l’institution législative. C’est une sorte de pointage pour que l’opinion publique sache et que le conseiller en question assume ses responsabilités».
Mohamed Cheikh Biadillah et les membres du bureau de la Chambre haute n’ont rien inventé. La publication des noms des parlementaires à l’absence non justifiée, dans le Bulletin officiel, est prévue par le règlement intérieur des deux Chambres. Une sorte de dénonciation officielle et publique de ceux qui désertent les fauteuils de velours rouge de l’hémicycle.
«Il est vraiment dommage qu’on en arrive là. Il faut quand même savoir que l’absentéisme parlementaire est un phénomène quasi mondial. Tous les parlements sont confrontés à l’absence des députés ou conseillers. Il me semble qu’il y a d’abord une vraie action de sensibilisation à mener. L’une des solutions au problème de l’absentéisme des élus réside dans une sensibilisation forte pour qu’une telle absence soit l’exception et non pas la règle», explique ce conseiller issu des rangs de la majorité.
Des travées vides et un hémicycle clairsemé, presque désert. L’image cathodique est la chronique ordinaire d’un après-midi parlementaire. «Nous avons même eu à reporter des votes en commission parce que la majorité n’avait pas assez de voix, sans parler de ces textes de loi aussi importants que le Code de la route ou la loi de Finances qui sont adoptés par une quarantaine de parlementaires!», se plaint ce député de l’opposition.
Avec la retransmission en direct des séances de questions orales du mardi et du mercredi, la télévision a fait œuvre de dénonciation de l’absentéisme des parlementaires. «Mais attention, c’est une dénonciation en vrac, pêle-mêle, sans distinction. Et c’est ce même risque que prend aujourd’hui la Chambre des conseillers en décidant de l’application d’une disposition du règlement intérieur. Il faut être vigilant et ne pas tomber dans le piège de la confusion. Ce qui doit être sanctionné, c’est l’absence au niveau des votes des projets de loi. Autrement dit, le député ou le conseiller ne doit pas faillir à son travail législatif et c’est à ce niveau que l’absence doit se comptabiliser. Mais quand un parlementaire est absent d’une séance de questions orales, le grand public ne sait pas s’il est en rendez-vous pour régler les problèmes de sa circonscription, s’il est en train de travailler sur un rapport ou s’il est en mission à l’étranger », fait valoir ce conseiller qui en est à son deuxième mandat.
Avec l’ouverture de la session de printemps du Parlement, la Chambre des conseillers s’en va-t-en guerre contre ces politiques qui s’absentent et désertent la coupole. D’un parti politique à l’autre, on est prompt à le dire : l’activité parlementaire est d’abord et avant tout une activité spontanée et militante qui doit être exercée avec conviction. «C’est bien de tenter de résoudre ce problème qui porte atteinte à la crédibilité de l’institution mais il est aussi temps de s’attaquer aux conditions de travail de ce parlementaire à qui il faut donner les moyens de s’acquitter de sa mission. Le Parlement a un vrai problème de ressources humaines. Chez nous, le député ou le conseiller est son propre secrétaire, son propre expert en plus d’être parlementaire!» conclut cet élu de l’opposition.