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Le Parti de l’Istiqlal (PI) qui fait partie de cette majorité s’est désolidarisé du gouvernement. En effet, Nizar Baraka, secrétaire général du PI et ministre de l'Equipement et de l'Eau, a tenu un discours digne d’un parti d’opposition et non pas d’une formation faisant partie d’une coalition gouvernementale quand il a critiqué la baisse du pouvoir d'achat des Marocains lors d’un meeting organisé samedi dernier à Ouled Frej, dans la province d’El Jadida, à l’occasion du lancement officiel du programme «2025, année du bénévolat».
« Le revenu mensuel ne suffit plus à subvenir aux besoins des familles », a-t-il fait savoir, alors que les prix de la viande rouge, des céréales, du gaz, du sucre et du carburant et bien d’autres produits de première nécessité ont connu une hausse vertigineuse au cours des dernières années.
Et d’ajouter : «Aujourd’hui, un ménage moyen consacre plus de 45% de son revenu mensuel aux dépenses alimentaires. C’est un seuil critique qui menace la stabilité économique des foyers. Le revenu mensuel ne suffit plus à couvrir les besoins de base, ce qui nous impose d’agir avec fermeté ».
Le PI semble, donc, prendre ses distances avec la coalition gouvernementale. Il critique ouvertement plusieurs aspects des politiques socioéconomiques mises en place depuis 2021.
Certains observateurs ont souligné que le secrétaire général du PI aurait dû consacrer cette sortie aux mesures préconisées par le gouvernement pour faire face à cette situation sociale difficile pour la majorité des Marocains au lieu de tenir un discours digne d’un opposant.
Ce n’est pas la première fois que des dissensions éclatent au grand jour entre les partis de la majorité gouvernementale prouvant que la cohésion de celle-ci n’est qu’un leurre.
Tout récemment, une polémique a éclaté entre le PI et le RNI autour du projet d’interconnexion entre les barrages d’Oued El Makhazine et Dar Khrofa à Larache, visant à assurer l’approvisionnement en eau potable de Tanger et des autres villes du Nord, chaque parti revendiquant la paternité de ce projet.
En plus, en janvier dernier, Mohammed Oujar, l’un des membres dirigeants du RNI, a tiré à boulets rouges sur le département de l'Aménagement du territoire national, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville dirigé par la coordinatrice nationale du PAM, Fatima Ezzahra El Mansouri.
Son parti a répondu indirectement à ces critiques en rendant public un communiqué de presse dans lequel le bureau politique du PAM s’est dit «fier de l’impact positif et tangible des mesures prises dans le secteur de l’habitat et de l’urbanisme, considéré comme le plus important et le plus performant dans le parcours du gouvernement actuel ».
Avant les critiques de Mohammed Oujar, l’ancien SG du PAM, Hassan Benaddi, a dit tout haut ce que peut-être beaucoup au sein de son parti pensent tout bas. Lors d’un entretien avec nos confrères de «Le360» au début du mois de janvier, Hassan Benaddi a affirmé que « le parti ferait mieux de prendre ses distances avec la majorité actuelle et de quitter le gouvernement Akhannouch qui peine à sortir du «déni de la réalité »».
Pour sauver la face, le chef du gouvernement s’est empressé de tenir la réunion de l’Instance de la présidence de la majorité fin janvier dernier. Lors de cette rencontre, les partis de la majorité ont exprimé « leur volonté commune et leur pleine mobilisation pour poursuivre la réussite de l’expérience gouvernementale actuelle et accélérer la réalisation des différents chantiers en application du programme gouvernemental ».
Toutefois, les discours lénifiants, les photos de famille et les sourires de façade ne peuvent masquer les dissensions au sein de la majorité gouvernementale, lesquelles risquent de s’exacerber à l’approche des échéances électorales.
Mourad Tabet