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Cette technologie a révolutionné de nombreux aspects de la société, et chaque pays tente d'en tirer profit. Les Etats-Unis y ont été représentés par le vice-président américain, la Chine par son vice-premier ministre, l’Allemagne par son chancelier et l’Union européenne par sa représentante.
Ce sommet international intervient dans un contexte de compétition féroce entre la Chine et les Etats-Unis dans ce domaine. L'Europe, en particulier la France, a, à cet égard, mobilisé d'énormes investissements. L'Inde, de son côté, essaie de se faire une place dans cette course profitant des tensions entre les Etats-Unis et la Chine.
Cet évènement a réuni des figures majeures du secteur technologique, comme Sam Altman d’OpenAI (créateur de ChatGPT), Sundar Pichai, le PDG de Google, et Dario Amodei, le président de la startup américaine Anthropic.
Les participants ont discuté des opportunités et risques liés à l’IA lors de tables rondes sur des thèmes tels que "Les cyberattaques et la sécurité de l’information", "L’intelligence artificielle et les sciences" et "L'avenir du travail".
Ils ont également abordé la question de la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle, afin de contrôler les dérives potentielles sans entraver son développement.
Course mondiale pour le leadership
L’un des principaux sujets de ce sommet était la course acharnée dans ce domaine avec une attention particulière portée aux progrès réalisés par la Chine. En effet, en janvier dernier, "DeepSeek" a stupéfié la Silicon Valley par sa capacité à rivaliser avec les technologies américaines à un coût bien inférieur, ce qui pourrait permettre à des pays moins riches de participer à cette course effrénée en vue de s’approprier cette nouvelle technologie.
En revanche, les Etats-Unis ont lancé un projet appelé "Stargate" d'un montant de 500 milliards de dollars, ce qui place l’Europe et la France devant un défi majeur pour prouver leur crédibilité dans ce domaine. Le président français Emmanuel Macron a affirmé que l’objectif était de progresser "plus vite et plus fort", annonçant des investissements de 109 milliards d'euros dans les années à venir. Ce projet vise à permettre à la France et à l’Europe de rattraper leur retard face à la Chine et aux Etats-Unis.
Ce qui distingue l’expérience chinoise, c’est son coût réduit, ce qui la rend accessible à des pays comme le Maroc et d'autres pays africains. La technologie chinoise est en open source, ce qui permet aux chercheurs de la développer et d'en bénéficier en utilisant des puces électroniques relativement peu coûteuses.
La France mise largement sur des investissements étrangers, notamment via un financement massif d’un centre de données géant, soutenu par les Émirats arabes unis, en plus de 20 milliards d'euros provenant du fonds canadien Brookfield pour de nouveaux centres de données en France. Ces investissements visent à fournir l'infrastructure nécessaire pour stocker les données et offrir la puissance de calcul requise pour l’intelligence artificielle.
Le Maroc et l’intelligence artificielle
Le Maroc a exprimé, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, son désir de rejoindre le partenariat mondial pour l’intelligence artificielle lancé par la France avec sept autres pays en marge du sommet. Toutefois, le Maroc a besoin d’investissements massifs et de partenariats avec des pays amis pour développer les infrastructures nécessaires, telles que les superordinateurs, et encourager les universités et les étudiants à développer des programmes dans ce domaine.
Le pays pourrait s’inspirer du modèle français, qui repose sur des investissements internes et externes, ainsi que du modèle chinois, qui a prouvé qu'il était possible de se lancer dans la course à l'intelligence artificielle avec des moyens beaucoup moins importants que ceux déployés par des pays comme les Etats-Unis, qui se concentrent sur les usages militaires et sécuritaires de l’IA, un secteur sur lequel Google et Microsoft travaillent depuis quelques années.
Le Maroc est aujourd’hui un leader dans les énergies renouvelables, qu’il pourrait exploiter pour soutenir le secteur de l’intelligence artificielle, qui nécessite de grandes quantités d’énergie pour alimenter les superordinateurs et les infrastructures de stockage de données.
Lors du sommet de Paris, les défis environnementaux posés par l’intelligence artificielle ont été abordés, notamment la grande consommation d’énergie des superordinateurs et des centres de données. L’Organisation "Current AI" cherche à collecter 2,5 milliards de dollars pour développer des systèmes d’intelligence artificielle écologiques et établir des réglementations garantissant que cette technologie soit utilisée pour le bien commun.
Le président français a assuré que ces efforts "contribueront au développement des systèmes d’intelligence artificielle en France et en Europe, diversifieront le marché et stimuleront l’innovation à l’échelle mondiale".
Paris : Youssef Lahlali