Le Brésil se passionne pour la première télénovela sur la classe moyenne


AFP
Mardi 30 Octobre 2012

Le Brésil se passionne pour la première télénovela sur la classe moyenne
Ils parlent fort, sont mal élevés, mais travailleurs et solidaires: le Brésil se passionne pour les personnages de banlieue d'une télénovela battant des records d'audience, qui se veut le miroir des 40 millions de Brésiliens ayant accédé récemment à la classe moyenne.
Jusqu'à présent, les héros de ces feuilletons fleuve de la chaîne Globo émanaient de l'élite et n'évoluaient que dans les beaux quartiers.
"Avenida Brasil", qui doit son titre à la voie rapide reliant la banlieue nord à la zone sud et touristique de Rio, anime toutes les conversations.
C'est aussi un phénomène sur les réseaux sociaux où des millions de téléspectateurs commentent en temps réel le déroulement de l'histoire.
Passion, trahison, vengeance, appât du gain sont les ingrédients de cette "novela" suivie quotidiennement par 38 millions de spectateurs, un record.
La fièvre d'"Avenida Brasil" a même bouleversé l'agenda de la présidente Dilma Rousseff. Elle a dû avancer récemment la date d'un meeting de soutien au candidat du Parti des travailleurs (PT-gauche, au pouvoir) à la mairie de Sao Paulo pour qu'il ne coïncide pas avec le rendez-vous télévisé des Brésiliens.
Mme Rousseff participe vendredi soir à un autre meeting à Salvador de Bahia qui devrait terminer avant l'heure du 169e et dernier épisode de la série. Mais par mesure de précaution, le PT a décidé d'installer des écrans géants sur place.
C'est la "novela" la plus commentée des dernières années, même dans les programmes d'information de télévision. La population a fait siennes les expressions de certains personnages. Et dans les matches de football, quand les joueurs jouent mal, les supporteurs crient le nom du "Divino", l'équipe fictive de troisième division du feuilleton.
Son auteur, Joao Emanuel Carneiro, 32 ans, s'est inspiré de la dénommée "classe C" (moyenne basse) qui représente aujourd'hui près de 55% des 195 millions d'habitants de la sixième économie mondiale.
Les rangs de la classe C ont été fortement grossis par les politiques sociales de l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) qui se poursuivent avec l'actuelle présidente Dilma Rousseff. Près de 40 millions de personnes sont sorties de la pauvreté.
"C'est une très bonne idée d'avoir centré la novela sur la classe moyenne émergente qui reflète le nouveau Brésil, les familles en ascension qui ont plus d'argent mais pas nécessairement d'éducation", commente pour l'AFP, Geraldo Tadeu, sociologue de l'Institut universitaire de recherches de Rio (Iuperj).
L'action se passe à Divino un quartier fictif idyllique par rapport à la réalité de la grande banlieue délabrée de Rio, où s'entassent des centaines de milliers d'habitants confrontés à la violence des trafiquants de drogue.
"Avenida Brasil" raconte la vengeance de la jeune Nina contre Carminha, sa belle-mère, qui l'avait abandonnée, enfant, dans une décharge d'ordures. Carminha, arriviste et manipulatrice, a réussi à se faire épouser par une ancienne star de football qui a érigé un palace dans sa banlieue d'origine.
Le fil conducteur est ponctué d'histoires parallèles avec légion de personnages grossiers et "kitsch". Mais la novela retrace aussi la vie du petit entrepreneur à succès, comme Monalisa qui a monté son salon de coiffure, du travailleur qui part à l'aube pour gagner sa vie.
Les clichés du banlieusard carioca, qui mange du riz et des haricots noirs, ne lit que des revues populaires, boit de la bière et danse sur des rythmes sensuels, sont exploités à fond.
"C'est la première fois que le centre de gravité d'une novela se trouve dans les couches sociales des banlieues", souligne M. Tadeu.
"C'est une classe émergente qui commence à consommer et qui est fière de ce qu'elle est", relevait Mauro Alencar, spécialiste en télé-dramaturgie brésilienne dans une récente interview à la chaîne Globo News.


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