
«La démocratie en Turquie subit des attaques sans précédent et connaît un processus de sabotage délibéré de la part des autorités politiques», a martelé un communiqué de presse du parti de la Rose qui dénonce «l’autoritarisme excessif qui s’est manifesté par la répression généralisée des manifestations sans précédent dans le pays depuis celles d’Istanbul en 2013».
En effet, les manifestations ont été interdites dans les trois plus grandes villes du pays, en l’occurrence Istanbul, Ankara et Izmir, et plus d’un millier de personnes ont été arrêtées en une semaine.
Ces manifestations, rappelle-t-on, ont éclaté suite à l’arrestation d’une figure de proue du Parti républicain du peuple et maire d'Istanbul, Ekrem İmamoğlu, considéré comme le rival le plus redoutable du président Recep Tayyip Erdogan lors des prochaines élections présidentielles.
«Il est bien connu qu’Ekrem İmamoğlu n'est pas seulement le maire démocratiquement élu d'Istanbul, mais il est également considéré comme le probable candidat présidentiel du CHP, principal parti d’opposition, et le plus grand adversaire de l’actuel président, et sur lequel parient les forces populaires et démocratiques du pays», lit-on dans ledit communiqué.
«L’USFP, membre de l'Internationale socialiste aux côtés du Parti républicain du peuple (CHP), note que la Turquie se trouve aujourd'hui à la croisée des chemins entre la démocratie et l'autoritarisme, le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP) cherchant à porter un coup fatal à la démocratie, qui a longtemps été affaiblie et épuisée par l'autoritarisme et la tyrannie», a ajouté la même source.
Et l’USFP d’exprimer «sa solidarité inconditionnelle avec ses camarades du CHP, appelant toutes les forces progressistes et démocratiques du monde, en particulier l'IS et l'Alliance progressiste ainsi que la communauté internationale dans son ensemble, à s'unir au peuple turc pour défendre la liberté, la démocratie et l'Etat de droit».
Il convient de souligner que l’arrestation d’Ekrem İmamoğlu (dont une peine d’inéligibilité pèse sur lui) a déclenché une vague de solidarité internationale. Des dirigeants politiques, des organisations de défense des droits humains et des personnalités publiques à travers le monde ont exprimé leur soutien au maire d’Istanbul, dénonçant une atteinte à la démocratie en Turquie.
A cet égard, l’ancien président du Conseil européen, Donald Tusk, a réagi avec fermeté sur les réseaux sociaux : «La démocratie ne peut être réduite au silence par des décisions de justice motivées politiquement. Solidarité avec Ekrem İmamoğlu ».
Dans la même veine, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a exprimé son soutien en déclarant : «Je suis aux côtés d'Ekrem İmamoğlu face à cette injustice. La démocratie et la volonté du peuple doivent être respectées».
L’eurodéputée allemande et vice-présidente du Parlement européen, Katarina Barley, a, pour sa part, qualifié la décision judiciaire de «tentative manifeste d’intimidation politique», ajoutant que «l’Union européenne doit suivre de près cette affaire et défendre les principes démocratiques».
De son côté, Amnesty International a réagi par le biais d’un communiqué, dénonçant une « instrumentalisation de la justice pour réduire l’opposition au silence» et appelant les autorités turques à garantir un procès équitable et indépendant.
Le département d’Etat américain a, quant à lui, exprimé sa préoccupation, exhortant Ankara à « respecter les valeurs démocratiques fondamentales et l’Etat de droit».
Par ailleurs, dans les rues d’Istanbul, les manifestations de soutien se multiplient, rassemblant des milliers de citoyens réclamant justice pour leur maire. La solidarité internationale continue de croître, mettant en lumière les tensions croissantes entre les autorités turques et les partisans de la liberté et de la démocratie.
Elias Rayane