Condamnés à de lourdes peines de prison après leur arrestation dans le cadre du réseau Belliraj, le procès en appel de ces 5 responsables politiques a repris depuis le mois d’octobre dernier. « Dans les mêmes conditions kafkaïennes et en l’absence de toute équité », dénonce leur collectif de défense composé par Benameur, Benbarka, Sefiani et Jamaï. D’ailleurs ces hommes à la robe noire se sont retirés d’un procès qu’ils considèrent ne pas réunir toutes les garanties d’une justice saine et sereine.
Hier matin, les nouvelles de ces hommes politiques en grève de la faim depuis le 22 mars étaient loin d’être bonnes. Depuis la prison, le témoignage tient à un …sans fil. « Laabadla est en face de moi, chancelant. Il est de constitution frêle et je me demande comment il peut résister à une grève de la faim aussi dure. Ils ont tous perdu au moins une dizaine de kilos », nous a-t-il déclaré au téléphone.
Pour la défense de ces responsables politiques déterminés à aller jusqu’au bout de leur démarche, cette grève de la faim était la seule manière de réclamer le droit à un procès équitable et à une justice juste. « Voici des personnes qui n’ont pas trouvé une autre manière de faire valoir leur droit à la justice qu’en étant prêt à sacrifier leurs propres vies ! Je lance là un message pour que les autorités écoutent ce message de justice.»
Déterminés, prêts à mourir au nom de la justice, les 5 détenus, solidaires dans la douleur, affirment haut et fort que leur grève de la faim n’est certainement pas une manière de faire pression sur quiconque. Il y a quelques jours, ils ont tenu exactement le même langage à la présidente de l’OMDH, Amina Bouayache, et au responsable du centre d’accueil et d’orientation des victimes de la torture, Abdelkrim Manouzi, qui ont tenté de les convaincre de mettre fin à leur grève de la faim.
Parce qu’il y a péril en la demeure et parce que les vies de leurs clients sont en danger, les avocats de MM. Moatassim, Marouani, Regala, Sriti et Laabadla ont demandé audience au ministre de la Justice. « On nous a fait savoir qu’il était en déplacement. Nous attendons de le rencontrer pour que nous puissions trouver une solution à cette crise, c'est-à-dire définir les garanties et les moyens du procès équitable », explique A. Jamaï.
Et pour alerter l’opinion publique, le collectif de défense de ces politiques condamnés dans le cadre du réseau Belliraj, du nom de ce Belgo-marocain oscillant entre grand banditisme et extrémisme, va donner demain jeudi une conférence de presse, à Rabat, au siège du club des avocats.