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Comment en est-on arrivés là ? Que s'est-il réellement passé ? Qui sont les parties responsables ? Comment un campement de plusieurs dizaines de tentes a-t-il été dressé sans que personne n'y voie une quelconque menace ? Comment, aussi, des bandes criminelles, présentées officiellement comme des repris de justice, ont pu investir le campement de Gdeim Izik et semer la terreur au cœur de Laâyoune ?
Les questions se bousculent, nombreuses et sans véritable réponse. " Les autorités, le gouvernement, les responsables doivent s'expliquer devant l'opinion publique. Les citoyens ont le droit de savoir. Les autorités doivent s'expliquer et informer l'opinion sur ces événements. Le ministre de l'Intérieur doit venir devant le Parlement pour dire ce qui s'est réellement passé. Les responsables, c'est-à-dire ceux qui ont géré ce dossier doivent rendre des comptes. En l'absence d'informations, les rumeurs les plus folles circulent chez les citoyens. C'est toute la stabilité du pays dont il est aujourd'hui question ", soutient le président du Syndicat national de la presse marocaine, SNPM, Younes Moujahid.
En Espagne, explique celui qui préside aux destinées du SNPM, les événements de Laâyoune ont provoqué un vif débat. La société civile et les médias s'en sont emparés au point que le chef du gouvernement espagnol s'est adressé à l'opinion publique. " Il n'y a pas de conflit au Sahara, entre le Maroc et l'Espagne. La question est entre les mains de l'ONU et l'Espagne n'est pas Etat partie de ce dossier " dira en substance Jose Luis Zapatero.
Doutes, incertitudes, rumeurs. La propagande séparatiste a investi le web. Et des vidéos donnant à voir une ville sous les flammes et la fumée, une ville livrée à des bandes armées -des images montrent sabres et autres armes blanches-, le drapeau de la RASD dressé sur le fronton de certains commerces ont fait le tour du monde virtuel. Pour être rassurés, les citoyens ont besoin de savoir. Savoir comment ces bandes ont pu dans une sorte de guerre des bandes armées, prendre le pouvoir dans la rue. Savoir qui est responsable de la mort de 9 personnes. Savoir si les séparatistes de l'intérieur ont joué un rôle dans ces violences. Savoir enfin comment l'Algérie et le Polisario se sont engouffrés dans la brèche de ce qui a été d'abord un sit-in pour des revendications socio-économiques.
Le silence assourdissant du premier ministre
" Je le dis clairement. Le ministre de l'Intérieur doit se présenter devant l'institution parlementaire pour expliquer ces événements, expliquer le processus de négociations qu'il a mené avec ces personnes qui étaient dans le campement de Gdeim Izik et dire qui a donné la décision d'intervenir ", soutient la présidente de l'Organisation marocaine des droits humains, Amina Bouayach avant d'annoncer que l'OMDH va présenter, en début de semaine prochaine, un rapport sur les événements de Laâyoune. " Nous avions une équipe de 5 personnes sur place. Ce n'était pas une mission d'enquête mais notre équipe va essayer de relater tout ce qui s'est passé ", précise A. Bouayach.
Dans le microcosme politico-médiatique, de plus en plus de voix s'élèvent pour s'interroger sur le silence assourdissant du premier ministre, Abbas Al Fassi. " Pas une déclaration, pas une explication, sachant que Abbas Al Fassi est aussi le leader de l'Istiqlal, le parti qui préside la commune de Laâyoune ", rappelle Younès Moujahid.
A la Chambre des conseillers, et dans un exercice aussi formel que consacré les groupes parlementaires se sont succédé mardi 10 novembre à la tribune pour condamner les actes criminels et de vandalisme de Laâyoune. Les citoyens attendent plus qu'une condamnation, des explications. " Le droit à l'information est ici plus que jamais une urgence. La gravité de la situation dicte la transparence. Nous n'avons eu de cesse à le revendiquer ", fait remarquer un activiste de Transparency Maroc.
Et depuis l'installation de ce campement des protestataires, les députés ont demandé la tenue d'une séance spéciale pour que Taïeb Cherkaoui, le ministre de l'Intérieur, informe les élus de la Nation, et à travers eux l'opinion publique, de la situation à Laâyoune. " Le PJD a même demandé une séance à huis clos pour que tout soit révélé aux parlementaires ", déclare Lahcen Daoudi, le président du groupe parlementaire des islamistes à la Chambre basse.
Aucune date n'a été encore fixée au moment où nous mettions sous presse.