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Or, aujourd'hui, l'affaire « Fodeil Abrkane » connaît une tournure qui menace la vérité et tend à ternir l'image du Maroc. Un quotidien casablancais a publié une série d'articles mentionnant que l'enquête judiciaire tend à innocenter les policiers accusés de torture. Le dernier article est signé «Mohamed Boudali» : n° : 3266, daté du 11 octobre 2010. Cet article souligne que « des sources fiables ont démontré que l'enquête judiciaire menée a révélé que Fodeil est décédé dans sa cellule et que les agents de police n'ont aucune relation avec sa mort ». Le même article ajoute que le jeune Slaoui a été « tabassé par d'autres prisonniers, alors que l'enquête affirme que les policiers n'ont aucune relation avec le crime» et cela « selon une source informée»!
En réponse à cet article, jugé par la famille, les amis de Fodeil et la jeunesse USFP - Salé Lamrissa qui assure le suivi de cette affaire d'anti-déontologique et manquant de professionnalisme et d'éthique, la famille Abrkane, contactée par notre journal, a indiqué que les résultats de l'enquête ne sont pas encore rendus publics. « Comment le journaliste a-t-il pu accéder à des informations sur les résultats d'une enquête judicaire qui n'est pas encore achevée ?», se demande Mustafa Abrkane, frère du défunt. «C'est comme si la justice nous préparait, via les articles d’Essabah, à un revirement de l'affaire de mon frère », déclare-t-il sans dissimuler sa profonde inquiétude. Il a ajouté que « même les avocats ne disposent, jusqu'à l'heure actuelle, d’aucune information puisque tout le dossier du décès de mon frère est toujours dans les locaux de la police et de l'administration pénitentiaire».
Mustafa Abrkane, témoin de la torture de son frère (il a assisté à la torture au commissariat, sa chemise porte à nos jours des tâches de sang de son frère), a exprimé son inquiétude face aux rebondissements de l'affaire Abrkane. « Ce que je revendique c'est la vérité. Jusqu’à présent, je n'ai pas été interrogé par la police judiciaire, moi qui suis témoin de la torture de mon frère ! Comment admettre les résultats d'une enquête qui passe entre le silence et la rumeur d'un journal qui ne peut respecter la déontologie de la presse ?! », déclare Mustafa. D'ailleurs, si la police a été innocente de l'acte de torture et de décès, comment a-t-elle pu permettre la tenue de deux grands sit-in devant ses locaux ainsi que la diffusion dans la presse internationale et nationale de multiples articles l'accusant de violation grave des droits humains ? Comment n'a-t-elle pas pu intervenir lors de la marche vers le cimetière Si Daoui où fut enterré le défunt ? Pourquoi n'a-t-elle pas répondu aux accusations ?
Dans ce contexte marqué par la rumeur et le blocage de cette affaire, le bureau local de la jeunesse ittihadie et plusieurs jeunes militants des droits humains, ont tenu une réunion mardi 12 octobre courant et décidé d'organiser un deuxième sit-in pacifique sous le mot d'ordre « Tous contre la torture, tous pour la vérité». Ce sit-in qui aura lieu, vendredi 23 octobre, devant le CCDH sera précédé de plusieurs rencontres-débats autour de la thématique de la torture et des droits humains.
Rappelons que, selon la version racontée par son frère, Fodeil était en moto quand il a été arrêté par la police la veille de l'Aîd El Fitr. Il a été accusé de "consommation de cannabis. Il a passé 48 heures au commissariat avant d'être libéré par le juge au lendemain de l'Aïd. Lundi 13 septembre, il est retourné au commissariat pour récupérer sa moto et son portable. Les agents ont refusé de lui rendre sa moto, car il n'avait pas d'assurance. Bien qu'il leur ait fourni une déclaration de perte, les agents refusaient de lui restituer sa moto. Mercredi 15 septembre, il s'est présenté avec un nouveau contrat d'assurance. Cette fois-ci, Fodail n'a pas su garder son sang-froid quand les mêmes agents lui ont demandé, "pour le tourmenter", de revenir un autre jour récupérer ses affaires. Du coup, il a commencé à échanger des insultes avec un agent. Ce dernier a ordonné de le mettre aux arrêts avant d'aller déposer plainte contre lui. Fodail a été accusé d'outrage à agent dans l'exercice de ses fonctions. Mustapha est allé rendre visite à son frère. Il l'a vu cerné par plusieurs agents qui le frappaient devant tout le monde en plein commissariat. "J'ai voulu intervenir pour faire cesser les coups meurtriers qui s'abattaient sur mon frère, des policiers m'ont pris par le bras, pour m’expulser et m’ordonner de ne jamais revenir au commissariat", nous a indiqué Mustapha Abrkane. Et d’ajouter que son frère, "sûrement après que son état s'est aggravé", a été conduit à la prison "Zaki" vendredi 17 septembre, tard la nuit. " Ils l'ont emmené à l'hôpital après six heures de détention à Zaki. Il est décédé à 10h40min, avant d'arriver à Ibn Sina à Rabat suite aux tortures dont il a été victime.