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Comme d’ailleurs tous les secouristes, représentant différents départements ministériels (Intérieur, Santé publique, Education nationale, etc). « Les autorités ont accompli un travail formidable», se réjouit l’infirmier, qui se félicite d’avoir participé à trois accouchements depuis l’installation du campement. «Les bébés sont en bonne santé», rassure-t-il. Les «sinistrés», peut-être aussi. En tout cas, cet infirmier n’a reçu ce jour-là qu’un seul patient. «Au lendemain des inondations, j’en recevais jusqu’à 200 par jour. Les sinistrés se plaignaient au départ de problèmes respiratoires ; les diabétiques, les tuberculeux, plus encore les femmes enceintes, étaient complètement pris en charge», certifie-t-il. En affirmant disposer des équipements nécessaires, dont une pharmacie de fortune, l’infirmier confirme qu’une équipe médicale veille sur les patients à longueur de journée. Médecin, infirmier de la planification familiale, sage-femme, technicien de l’hygiène du milieu, ambulancier, et autres fonctionnaires du département de la Santé assurent un roulement depuis ce sinistre 16 janvier 2010, qui marque le début des inondations dans la région du Gharb. Au-delà de la santé, les sinistrés reconnaissent avoir reçu une aide importante de la part des services du ministère de l’Intérieur. Ils sont approvisionnés en denrées alimentaires tous les quatre jours. Un panier constitué des produits alimentaires de base est distribué à chaque famille tous les quatre jours. Au « menu », un sac de farine, du sucre, de l’huile, du riz, 5 litres d’eau minérale … «Le coût de chaque panier s’élève à 450 DH», estime un agent d’autorité. Seule ombre au tableau, le risque d’année blanche pour les élèves sinistrés. Le département de l’Education nationale a certes dressé une école de fortune, sous une tente caïdale, mais « les cours ne sont pas assurés de manière régulière », relève un père de famille, inquiet à l’idée que 2010 soit une année sabbatique pour sa progéniture. Une inquiétude partagée par nombre de familles, dont les enfants ont été obligés de sécher les cours en raison du déficit des instituteurs. « Nos enfants ont droit à une petite demi-journée de cours, et ce n’est pas suffisant », fait constater une mère au foyer. Pour les élèves des 6ème et 7ème, niveau primaire, il faut peut-être repasser l’année prochaine. Il n’y aurait simplement pas de cours pour cette catégorie d’élèves, à en croire les victimes.
Cela dit, cette question ne préoccupe pas outre mesure les familles sinistrées. « Ce n’est pas dans ces camps que l’avenir scolaire de nos enfants sera assuré», finit par croire un père, blasé. «Nombre de nos enfants ont déjà abandonné l’école, à plus forte raison dans ce camp où les moindres conditions de scolarité n’existent pas», dit-il, le regard vague. Plus vague encore est cette sombre perspective d’un retour indésirable au douar. Les sinistrés cabrent à la simple idée d’évoquer ce retour « à la source ». En disant n’avoir pas les moyens de refaire leur vie là-bas, ni l’argent nécessaire à la reconstruction de leurs foyers en pisé, ni celui de se réapproprier le bétail emporté par les pluies diluviennes, moins encore l’équipement de leurs foyers perdu à tout jamais, les sinistrés revendiquent des solutions radicales à leur calvaire avec les inondations. « Nos problèmes avec les inondations remontent à l’année 1962 », fait constater une victime. « Nous voulons que le mal soit traité à la racine », revendique-t-il, sous le regard approbateur des autres villageois. « Il est très fort probable que le même scénario d’inondation se reproduise l’hiver prochain, nous sommes confrontés à l’éternel retour des crues. C’est pour cela que notre retour n’arrangera en rien les choses. Il faut construire des barrages en amont pour empêcher le débordement de l’Oued Sebou », estime-t-il. Mais là, « il faudrait attendre cinq ans au minimum », affirme un agent d’autorité, pensif. Quoi qu’il en soit, les sinistrés ne perdent pas espoir. Ils disent parier sur une intervention directe de SM le Roi Mohammed VI pour ordonner la construction de ces barrages. En attendant, ils appellent à la construction de remblais autour des rivières avoisinant leurs douars pour empêcher d’autres inondations. D’ici là, ils ont un besoin urgent de quoi vivre. Etant dans leur majorité désoeuvrés, ils n’ont pas de quoi subvenir aux besoins de leurs enfants. Les récoltes se sont envolées en fumée, ils ne peuvent se rattraper sur le registre de ce que le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime appelait «les cultures alternatives». Les terres inondées ne sont pas prêtes à ce genre de cultures, ni à quoi que ce soit. La saison est bel et bien perdue. Et les sinistrés qui disent n’avoir reçu aucune indemnité se préparent déjà au pire. Ils n’ont plus que les larmes pour pleurer …