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Elaborer une feuille de route après quatre années aux affaires et à l’approche des prochaines législatives pour freiner la hausse du chômage s’apparente à une reconnaissance de son échec sur ce terrain qu’il savait glissant.
Il faut dire que l’exécutif a eu tout le mal pour résoudre cette question hautement sensible. En effet, comme l’avait relevé Libé dans son édition du week-end, en tout début du mois dernier (cf. Une feuille de route pour l’emploi !!!), «tous les programmes d'emploi mis en place par le gouvernement se sont avérés inefficaces, n’ayant aucun impact positif sur le marché du travail».
Revenant sur ce que nous qualifions de «babiole gouvernementale» et le communiqué sonnant creux d’un gouvernement en fin de vie, notre journal avait cité à titre d’exemple le programme «Awrach», qui a fait long feu en raison du manque de suivi et de financement adapté, ainsi que les programmes «Forsa» et «Moukawalati» qui ont connu un sort similaire.
Régulièrement tancé par l’opposition pour les failles de sa politique de l’emploi, l’exécutif est resté sourd jusqu’à ce que l’évidence de son échec ait pointé du nez et que la grande désillusion se soit confirmée au gré des statistiques dévoilées par le Haut-commissariat au plan (HCP) désormais dirigé par Chakib Benmoussa.
A ce propos, selon cette institution publique, chargée de la production, de l'analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, avec une hausse de 58.000 personnes, dont 42.000 en milieu urbain et 15.000 en milieu rural, le volume du chômage a atteint 1.638.000 personnes au niveau national entre 2023 et 2024.
« Le taux de chômage est ainsi passé de 13% à 13,3% au niveau national, de 16,8% à 16,9% en milieu urbain et de 6,3% à 6,8% en milieu rural », a-t-elle fait savoir récemment précisant qu’il reste plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (36,7%), les diplômés (19,6%) et les femmes (19,4%).
Comme si cela ne suffisait pas, le HCP ajoute dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail en 2024 que le taux de sous-emploi a augmenté de 9,8% à 10,1% au niveau national, de 8,7% à 8,9% en milieu urbain et de 11,6% à 12,2% en milieu rural.
Le coup de grâce du FMI
Notons que lors d’une récente mission au Maroc (du 27 janvier au 7 février), une équipe du Fonds monétaire international (FMI) a souligné, quoique subtilement, l’échec du gouvernement en matière de création d'emplois au Maroc.
«Pour stimuler la création d'emplois, il convient de mettre en œuvre une nouvelle approche des politiques actives du marché du travail, en se concentrant sur la main-d'œuvre perdue dans le secteur agricole en raison de la succession des sécheresses », avait estimé l’équipe dirigée par Roberto Cardarelli.
Ce dernier avait alors expliqué que « les réformes structurelles doivent être axées sur le renforcement de la création d'emplois, notamment en ciblant mieux les politiques actives du marché du travail, en consolidant les programmes de soutien aux petites et moyennes entreprises et en supprimant les distorsions réglementaires qui entravent la croissance des entreprises ».
Pour revenir à cette fameuse annonce faite par le gouvernement, signalons qu’une enveloppe de près de 15 milliards de dirhams (MMDH), dit-on, sera consacrée à cette feuille de route en vue de faire face à la hausse du taux de chômage.
Cette enveloppe sera mobilisée dans le cadre de la stratégie gouvernementale au titre de l'année 2025, rapporte la MAP précisant que la feuille de route gouvernementale repose sur cinq axes majeurs, incluant quatre axes stratégiques et un axe transversal dédié à la gouvernance et au pilotage de l’emploi.
Qu’en sera-t-il dans les faits ?
Alain Bouithy