
Vivant dans un appartement tout équipé, Richard possédait tous les biens nécessaires à une vie confortable. Pourtant, acculé de dettes et d’emprunts bancaires effectués lors de ses études, le jeune homme vivait avec un véritable boulet au pied. N’en pouvant plus, souhaitant plus que tout vivre de voyages, de rencontres et d’eau fraîche, il a choisi de vivre en homme libre en se débarrassant de tout ce qu’il possédait.
Dans une vidéo publiée sur Viméo, Richard explique : “Je me souviens d’une après-midi, j’ai fait le tour de mon appartement, contemplé mon écran de télévision LCD et je me suis dit ‘à quand remonte la dernière fois où j’ai regardé ça?’. J’ai ensuite regardé ma Playstation avec laquelle je n’avais jamais joué. J’avais toujours ces montagnes de dettes étudiantes, d’emprunts bancaires dont je ne parvenais pas à voir le bout. A la fin, j’ai juste réalisé que la seule chose qui avait de la valeur à mes yeux dans cet appartement était une douche chaude. Tout le reste, je pouvais faire sans.”
Richard a alors tout lâché, à l’exception d’une boîte ou deux, contenant ses seuls objets de valeurs, déposées chez ses parents. Il a rendu son appartement, vendu toutes les choses dont il n’avait plus besoin et s’est embarqué sac au dos et à vélo dans sa nouvelle vie, dénuée de toute possession matérielle.
Sa situation, rare à l’heure de notre société ultra-consumériste qui considère que le bonheur passe par la possession, soulève de nombreuses interrogations et préjugés. Bien sûr, dans l’imaginaire collectif, SDF rime avec saleté et laisser-aller alors lorsque Richard se présente chez les gens au courant de son mode de vie pour effectuer son métier d’accordeur de piano, ceux-ci ont souvent la même réaction étonnée. “Ils me regardent de haut en bas et me demandent ‘Vous n’êtes pas aveugle ? Pourquoi n’avez-vous pas de chien ? Pourquoi n’avez-vous pas allumé une pipe ? Vous ne fumez pas ?’”, s’amuse Richard. Un de ses clients l’a même dévisagé avant de s’exclamer : “Mais, vous êtes normal !”.
Rasé de près, des vêtements propres, la seule chose qui différencie Richard réside dans le fait qu’il vive sans préoccupations matérielles et qu’il se sente libre et heureux, profitant de chaque instant et de chaque paysage que lui offre son nouveau mode de vie. Après un an et demi dehors, celui-ci lui a d’ailleurs permis de rembourser ses dettes en totalité, exploit auquel il n’était pas parvenu en sept ans.