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Frank Verhoestraete a passé son enfance et son adolescence au Congo-Kinshasa, où son grand-père s’est installé en 1928. Mais sa famille a dû fuir en 1991 à cause des pillages de militaires et de civils mécontents de leurs conditions de vie. Direction la Belgique...
Après des études d’expert automobile, le jeune homme de 33 ans, aux cheveux déjà poivre et sel, est revenu en 2003 en RDC, grande comme près de quatre fois la France. En couple avec une Congolaise, dont il a un enfant, il vit de sa société de peinture pour véhicules et de son atelier de réparation de carrosseries.
A quand remonte sa passion pour la moto? “A l’âge de 5 ans, mon père m’a mis sur une moto, et j’ai attrapé le virus comme ça”.
Depuis 2010, il participe au rallye Dakar en Amérique du Sud. Il arrive successivement 19e, 27e et 102e lors de la dernière édition en janvier, handicapé par des “problèmes techniques”.
Chaque fois, il a défendu les couleurs de son pays d’adoption.
“J’ai vécu plus de temps ici qu’ailleurs. Je travaille ici, j’ai ma vie ici. C’est pour ça que je me sens plus Congolais qu’Européen”, justifie le natif d’Anderlecht, dans la banlieue de Bruxelles. Alors sans surprise, son rêve est de revoir en Afrique le Dakar, délocalisé en Amérique du Sud pour des raisons de sécurité.
En attendant, il s’est lancé vendredi dans une autre aventure: la Trav’RDC, la traversée d’Ouest en Est de l’ancienne colonie belge. Le départ était prévu fin septembre mais une légionellose l’a retardé.
Sur sa moto, une KTM 690, l’accro au “camping en brousse” compte traverser six des onze provinces de l’ex-Zaïre avec 10 grandes villes-étapes: Moanda, Kinshasa, Kikwit, Tshikapa, Kananga, Mbuji-Mayi, Kamina, Kolwezi, Lubumbashi et Kasumbalesa.
3.300 kilomètres en sept jours? “Je me base sur les distances que nous parcourons au rallye Dakar, avec des distances quotidiennes de près de 800 kilomètres. Je me dis que 500 kilomètres, c’est tout à fait faisable”, estime Verhoestraete.
Reste que le défi est de taille dans un pays où les accidents sont fréquents à cause du mauvais état des pistes et des véhicules - souvent surchargés - et de l’imprudence de certains chauffeurs. Et où il ne reste plus que 12.000 kilomètres de voies carrossables, contre 140.000 à l’indépendance, en 1960.
Il empruntera la Nationale 1 (RN1). “Plus de la moitié est revêtue (de bitume), les routes en terre et en état font en tout 350km, et le reste - environ 1.200 km - est en piste”, qui risque de devenir boueuse avec les pluies, explique le ministère des Travaux publics.
Frank Verhoestraete reste confiant, même s’il faudra aussi compter avec le “racket” des policiers, d’après le site internet d’un motard amateur qui a parcouru début septembre la RN1. “Cela peut arriver, on ne peut pas le nier”, avoue le ministère des Travaux publics.
Par sécurité, Frank Verhoestraete sera équipé d’un système de géo localisation, même si le ministère assure qu’il n’y a pas de “coupeurs de routes”, ni d’”attaques” et que la rébellion lancée par un colonel mutin au Kasaï oriental (centre) reste, à sa connaissance, inactive.
Verhoestraete effectuera la Trav’RDC avec son ami Marc Devos, lui aussi concurrent du Dakar. Il réalisera au passage un “mini-reportage” militant.
“J’espère vraiment ramener de belles images et prouver que ça reste un pays ouvert et accueillant, que la RDC n’est pas uniquement liée aux problèmes à l’Est (en proie à l’instabilité) et que ça reste malgré tout un pays uni d’Ouest en Est.”